Matcha, maté, chai : les alternatives au café qui ont conquis nos tasses #LundiFeelGood

Publié le 29 juin 2026 par Sophietagel @trendyslemagTw

Les cafés et les alternatives au café : et si notre véritable addiction n’était pas la caféine ?

L’autre matin, alors que je faisais la queue dans un café parisien où le prix d’un latte pourrait financer un week-end dans les années 90, j’ai remarqué quelque chose d’étrange : presque personne ne commandait de café.

Une femme en trench beige demandait un matcha latte à l’avoine. Un étudiant commandait un maté glacé. Deux amies débattaient passionnément entre un chai et un thé vert japonais. Quant à moi, fidèle à mon expresso du matin, je me suis soudain sentie aussi vintage qu’un téléphone à clapet.

Et je n’ai pas pu m’empêcher de me demander : avons-nous cessé de boire du café… ou cherchons-nous simplement une nouvelle façon de nous réveiller ?

Pendant longtemps, le café était le héros incontesté de nos journées. Le compagnon des réunions trop matinales, des rendez-vous amoureux hésitants et des après-midis où la motivation avait quitté le bureau avant nous. Il représentait l’efficacité, l’urgence, parfois même une certaine sophistication.

Puis est arrivé le matcha.

D’un vert presque insolent, le matcha ressemble davantage à un produit de beauté qu’à une boisson. Les adeptes jurent qu’il procure une énergie plus stable, sans les montagnes russes émotionnelles que peut provoquer un troisième café. Boire un matcha, c’est un peu comme choisir le yoga plutôt que le spinning : moins de choc, plus d’équilibre.

Le maté, lui, est devenu le nouveau symbole des personnes qui ont lu au moins trois livres sur l’optimisation de soi cette année. Originaire d’Amérique du Sud, il promet concentration, vitalité et endurance. Une sorte de café avec un attaché de presse particulièrement efficace.

Et puis il y a le chai.

Le chai n’est pas seulement une boisson. C’est une ambiance. Cannelle, cardamome, gingembre, clou de girofle… Chaque gorgée donne l’impression qu’on devrait être en train d’écrire un roman sous une couverture en cachemire. Le chai ne vous réveille pas ; il vous réconforte suffisamment pour affronter votre boîte mail.

Le thé vert occupe une catégorie à part. Il est l’ami raisonnable du groupe. Celui qui ne fait jamais trop de bruit mais qui semble toujours avoir raison. Associé à la longévité, à la sérénité et à une certaine élégance minimaliste, il séduit ceux qui préfèrent le bien-être discret aux grandes déclarations.

Et lorsque l’on croit avoir tout vu, la chicorée revient sur le devant de la scène.

Longtemps considérée comme la boisson de nos grands-parents, elle connaît aujourd’hui une renaissance inattendue. Sans caféine, légèrement torréfiée, elle offre le rituel du café sans son agitation. Comme un ex qui aurait enfin commencé une thérapie.

Quant au golden latte, ce mélange de lait et de curcuma à la couleur digne d’un coucher de soleil filtré sur Instagram, il est devenu la star des soirées. Là où le café lance la journée, le golden latte invite à la ralentir. Il ne promet pas la productivité. Il promet quelque chose de plus rare : le repos.

En observant toutes ces boissons défiler sur les comptoirs, j’ai réalisé que la question n’était peut-être pas de savoir ce que nous buvons.

Après tout, le matcha, le maté, le chai, le thé vert, la chicorée et le golden latte ont peu de choses en commun. Certains stimulent, d’autres apaisent. Certains sont ancestraux, d’autres ont été redécouververts par les réseaux sociaux.

Mais tous répondent à la même quête.

Nous ne cherchons plus seulement de l’énergie. Nous cherchons une version de nous-mêmes. Plus calme. Plus concentrée. Plus saine. Plus présente.

Alors je me suis retrouvée avec mon expresso entre les mains, entourée de boissons aux couleurs improbables et aux vertus presque miraculeuses.

Et je n’ai pas pu m’empêcher de me demander :

Et si la véritable tendance n’était pas l’abandon du café… mais notre désir permanent de trouver la recette parfaite pour devenir la meilleure version de nous-mêmes ?

Sophie TAGEL