Mon premier accouchement : partie 2/2

Voici la suite de mon récit d’hier…

L’accélération

On m’a alors injecté quelque chose en urgence, sûrement de l’ocytocine. Le coeur du bébé a repris un rythme normal, et je me suis bien réveillée. Mais je claquais des dents et frissonnais. Je pensais que c’était dû à l’appréhension du moment.

NB : J’ai lu depuis qu’il s’agissait d’un des effets de l’anesthésie péridurale.

Ma gynécologue est entrée et m’a dit :

Puisque je suis là et que je vous connais, je vais rester pour votre accouchement.

Je n’avais pas spécialement envie qu’elle soit là car je n’accrochais pas, mais ça me rassurait d’avoir un médecin.

NB : J’ai appris il y a peu qu’en réalité les gynécologue facturaient leurs actes lorsqu’ils intervenaient dans les hôpitaux privés. Là très clairement elle y a vu un intérêt financier car rien ne nécessitait sa présence. Il aurait d’ailleurs mieux valu qu’elle ne soit pas là vu sa manière de mener les choses, vous allez voir dans la suite du récit. 

Le col était dilaté à 10, l’arrivée du bébé approchait.

L’accouchement

En bonne élève que je suis, j’avais pris tous les cours de préparation à l’accouchement, mais j’ai réalisé qu’ils ne me servaient pas. On m’a simplement dit de pousser vers le bas au moment des contractions… sauf que je n’en ressentais plus une seule ! La péridurale était tellement forte que la sage-femme devait me dire quand les contractions arrivaient. Je poussais alors autant que possible, de toutes mes forces, mais le bébé était toujours très haut.

NB : J’ai appris, récemment aussi, qu’en réalité il ne faudrait pas pousser car c’est catastrophique pour le périnée ! Mais vu la position qu’on nous impose pour accoucher (plus facile pour les sages-femmes, mais pas du tout adaptée à l’accouchement) on nous apprend à pousser. Je vous invite à regarder cette vidéo de Bernadette de Gasquet, LA référence en matière d’accouchement et de périnée.

J’ai alors assisté à un moment lunaire : la gynécologue a dit à mon mari – qui me soutenait autant qu’il le pouvait depuis le début – d’appuyer sur mon ventre pour aider le bébé à descendre.

NB :Il s’agit de la fameuse « expression abdominale », pourtant interdite depuis 2007 car inutile et souvent traumatisante.

Je l’entendais dire :

Poussez Monsieur, allez-y. Poussez Monsieur, plus fort !

Je me revois encore en train de constater :

C’est incroyable, je croyais qu’on disait ça à la femme, et là c’est à lui de pousser.

Honnêtement j’étais plutôt contente : je me disais que je n’avais pas grand chose à faire finalement, et que c’était au corps médical et à mon mari d’agir. A cette époque je n’avais pas du tout confiance en moi et toute parole ou tout acte extérieur me semblait prévaloir sur les miens.

Jusque là, la seule véritable souffrance que j’avais, c’était une soif intenable. On ne m’avait pas précisé qu’à partir de la pose de la péridurale je ne pourrai plus boire ni manger. Si je l’avais su j’aurais bu suffisamment avant. Mais là je rêvais de quelques gorgées d’eau. La sage-femme a simplement pu me vaporiser un peu de spray d’eau thermale dans la bouche, mais ça ne suffisait pas.

NB : Si c’est votre premier accouchement et que vous n’avez pas été prévenue à ce sujet, prenez vos précautions : mangez (un peu et quelque chose de digeste) et surtout buvez ! Car la soif extrême est une véritable torture.

L’arrivée de Solal

Mon mari était inquiet : il a beaucoup de force et il sentait qu’il appuyait très fort. Il me demandait régulièrement :

Ca va je ne te fais pas mal ?

et moi je l’incitais à continuer puisque je ne sentais absolument rien.

Puisque le bébé remontait après chaque poussée, j’ai vu la gynécologue saisir des ciseaux dorés (oui je me souviens de ce détail) et j’ai compris que j’avais droit à l’épisiotomie… mais elle a coupé sans me préciser qu’elle pratiquait cet acte.

Elles ont alors pu dégager la tête du bébé, puis son corps, et nous avons entendu le premier cri de Solal.

Il était là, et nous étions très émus, un peu sonnés. Nous n’avons même pas pleuré mais n’avions d’yeux que pour lui.

Mon mari m’a alors mis autour du poignet le fameux bracelet symbolique, sous le regard étonné de la gynécologue, qui trouvait que c’était une très belle idée.

Nous avons eu deux heures rien que pour nous, pour le peau à peau. J’ai senti que Solal rampait pour monter dans mon cou. Quand la sage-femme est revenue elle m’a dit :

Oh mais il fallait en profiter pour l’allaiter !

Sauf qu’une fois de plus on ne m’avait rien dit. Je ne pouvais pas me douter qu’il fallait que je le guide dès le début vers le sein… Avec le recul je réalise que nous n’avons pas été spécialement entourés, mais j’ai réussi à allaiter deux mois (avec beaucoup de douleurs) et je n’ai pas de regrets.

Solal

Solal est né le samedi 17 décembre 2011 à 22 heures, par voie basse non instrumentale pour parler en termes techniques. J’étais à 38 SA +2.

Il pesait 3,150 kilos et mesurait 51,5 cm.

Son prénom vient du magnifique roman Belle du Seigneur d’Albert Cohen.

Mon souvenir

J’ai gardé un merveilleux souvenir de cet accouchement, de cette journée unique qui a fait de notre couple des parents.

Je me souviens encore du message que mon mari avait envoyé aux proches pour annoncer la naissance :

Voici le premier jour du reste de ma vie. Et bien sûr Karine a accouché en Louboutin.

NB : Je précise que c’est faux bien sûr. Mais en cherchant une image pour illustrer ce paragraphe, j’ai constaté que la femme de Robbie Williams avait accouché en Louboutin !

Les séquelles

Mais quelque temps après j’avais très mal d’un côté, au niveau des côtes. Verdict : cotes fêlées suite à la pression abdominale !

Puis environ 6 semaines après, j’étais dans un magasin Sandro à la Vallée Village (dans mon élément donc) et je me suis mise à pleurer d’un flot continu. J’étais inconsolable.

Mon généraliste a diagnostiqué une dépression du post-partum, m’a prescrit du Prozac et du Lexomil, je les ai achetés je n’ai pas voulu entrer dans cet engrenage.

Je savais que c’était autre chose, pas une dépression du post-partum. Avec des examens sanguins plus poussés, nous avons appris que j’avais un dérèglement de la thyroïde qui s’est révélé être la maladie d’Hashimoto (hypothyroïdie chronique).

J’ai mis plusieurs mois avant de trouver le bon dosage mais depuis tout est sous contrôle, et je suis sous Lévothyrox, le fameux médicament sujet à controverse suite à son changement de formule.

Avec le recul

Depuis des mois,  j’écoute des récits d’accouchement et je lis des ouvrages sur l’accouchement sans péridurale (pour en connaître la raison, j’explique tout dans cet article)… je réalise alors que j’ai cumulé ce jour-là :

  • la rupture « accidentelle » de la poche des eaux par la sage-femme au moment du premier examen
  • la gynécologue que je n’aime pas et qui tient à être présente à l’accouchement alors que ce n’est pas nécessaire
  • le déclenchement des contractions
  • la péridurale trop dosée avec ralentissement inquiétant du coeur du bébé et moi qui pars loin dans les nuages
  • la péridurale qui m’empêche de sentir quoi que ce soit
  • l’épisiotomie
  • l’expression abdominale
  • la sensation d’être dépossédée de mon accouchement puisque mon mari « poussait » et que je ne sentais rien
  • les cotes fêlées

Conclusion

Cela reste malgré tout l’un des plus beaux jours de ma vie, et je vois Solal grandir et s’épanouir depuis 8 ans et demi. C’est lui qui a fait de moi une maman, de mon mari un papa. Nous sommes très fiers de lui, de ce grand garçon tour à tour calme, espiègle, vif, curieux, drôle…

Si ce récit vous a plu, je pourrai me lancer dans le récit de mes deux autres accouchements.

Voir aussi:

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